La blancheur du silence

 Techniques mixtes sur toile, 76cm x 122 cm, 2015

LE PONT DE GLACE, 2015

Depuis le 4 mars 2015, je présente à la Galerie de La Méduse, aux Îles de la Madeleine, une exposition intitulée La blancheur du silence. Cette exposition regroupe des œuvres inspirées de l’hiver insulaire, de cette immensité qui nous entoure et qui invite au silence et à la contemplation. Je me suis laissée inspirer par cet épais couvert de glace qui recouvre l’eau bleue jusqu’à perte d’horizon, par les journées de blizzard qui blanchissent nos fenêtres, par la lumière des jours ensoleillés. La blancheur du silence, c’est aussi un regard sur le temps qui passe, sur les passages qui rythment nos vie et sur la mer tantôt blanche tantôt bleue qui colore la vie insulaire. Et comme pour faire écho à cet espace vaste et insondable, j’ai écouté le silence.

L’exposition se poursuit jusqu’au 11 avril 2015.

Galerie de La Méduse

638, route 199, Havre-aux-Maisons Îles de la Madeleine, Québec

http://www.meduse.qc.ca/

L’un et l’autre

Écouter le silence

Écouter le silence

« L’être et le néant (le vide et la forme) s’engendrent l’un l’autre … Cette notion est perceptible en tout processus créatif, se retrouve évidemment illustrée dans son absolu par la calligraphie chinoise et japonaise où le trait, jaillit de rien, fuse, noir, du pinceau et du geste et emprunte l’espace, blanc, du papier, vite, avant de repartir dans le vide. Rythme du faire et du non-faire. Intervalles du là et du pas là. Le spectateur se situe à la frontière.

Entre chaque battement de cœur court le silence. »

Marc de Smedt, extrait du livre Éloge du silence

La Fabrique culturelle

À chaque été depuis plusieurs années, je travaille en nature pour créer des œuvres éphémères en utilisant les matériaux que je trouve sur la plage. C’est un moment privilégié durant lequel le travail avec la matière me porte à créer autrement et m’amène de nouvelles pistes de réflexion. Par conséquent, mon travail en nature et en peinture sont étroitement liés. La Fabrique culturelle, la plateforme numérique produite par Télé-Québec a dernièrement mis en ligne une capsule-vidéo présentant brièvement mon travail artistique. Je partage.

http://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/2583/carole-piedalue-artiste-insularisee

Et passent les saisons

L’exposition Et passent les saisons est un regard sur le temps qui passe, sur les passages parfois obligés qui rythment nos vies et bien sûr, sur la mer tantôt blanche tantôt bleue qui colore la vie insulaire.
« Vivant depuis plusieurs années aux Îles de la Madeleine, je suis fascinée par la nature du milieu insulaire, par la mer qui nous entoure et qui rythme nos saisons. »

Cette exposition est présentée au Restaurant La Table des Roy ,
1188 chemin La Vernière , îles de la Madeleine jusqu’au 27 septembre 2014 ( heures de visite: 15h à 17h du lundi au samedi).

 

 

Crédit photos: Édouard Leblanc

L'eau vive, 2014

Un air d’été

Aujourd’hui il y a chez moi un air d’été : le soleil et le vent léger, les deux mains qui s’apprêtent à jouer dans la terre du jardin, les oiseaux chanteurs, les fleurs de fraises qui tapissent le terrain et, par-dessus tout, le vert et le bleu. Ce matin, le café à la main, je regarde par la fenêtre les buttes vertes côtoyant la mer qui scintille de tout son bleu. Alors pour moi, l’été est vraiment là et m’enchante .

(L’eau vive, Acrylique sur toile, Carole Piédalue, 2014)

 

Les marcheurs

J’ouvre des routes  je jette des ponts
Je prends des images de chaque événement
J’invente un paysage pour chaque âge …
(Extrait du poème Ode au St-Laurent de Gatien Lapointe)

 

 

Peindre le blanc

Le printemps est tardif, tout le monde en convient. La semaine dernière, la tempête a balayé les îles et le vent a soufflé si fort que la maison a bougé sous les rafales. On nous annonce une autre perturbation pour les jours qui viennent, aussi, avant que le vent s’élève, je vais marcher jusqu’au bord de la côte à la Belle-Anse. Un épais couvert de glace recouvre l’eau bleue. La glace s’étale, blanche, jusqu’à perte d’horizon. Plus rien ne bouge, instant magique. Le temps est suspendu. Et comme pour faire écho à cet espace vaste et insondable, j’écoute le silence. Blanc. Impressionnant.

Au cours des dernières semaines, j’ai relu quelques textes de Christian Bobin. J’aime sa façon de nommer l’espace de création et plus spécifiquement la période d’incubation : « …cette vie immobile dont notre vie agissante n’est que l’escorte bruyante. Tout vient de là. Tout sort de ce temps silencieux… » Bobin parle en ces termes de la période inconfortable et pourtant essentielle du processus de création. Ce temps de latence nécessaire où les idées et les solutions prennent place à notre insu. Dans son livre Éloge du silence, Marc de Smedt, nous dit, quant à lui, que « La neige, c’est le silence blanc ». Intéressant. Associer l’hiver à cette période de création me semble tout à fait à propos si on pense, par exemple, à cette saison blanche où tout semble arrêté, à cette mer de glace immobile sous laquelle le mouvement de l’eau, présent, demeure imperceptible,… Tout compte fait, cette idée me réconcilie un peu avec cette saison qui ne cesse de s’étirer.

Après avoir longuement contemplé l’océan gelé, après la neige, le grésil, le verglas et les vents qui ont déferlé sur les îles au cours des derniers jours, je retournerai peindre le blanc dans le silence de l’atelier.
Les crocus sortiront bientôt sur le bord de la galerie et, à ce moment, le printemps sera vraiment arrivé.
Références:
Bobin – Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Édition Gallimard, 1996.
De Smedt, Marc, L’éloge du silence, Édition Albin Michel, 1986.